Sauvons les dauphins !

Les chaluts pélagiques

dauphin

Qu’est-ce qu’un chalut pélagique ?

Un chalut est un engin de pêche très différent des filets maillants dérivants, qui ont été vivement décriés ces dernières années (les filets dérivants sont actuellement très réglementés, et ils seront interdits en Europe à partir de janvier 2002).

Un chalut a une forme d’entonnoir, il est tracté par un ou deux bateaux pendant plusieurs heures à une vitesse de 3 noeuds (environ 5km/h). Les chaluts pélagiques employés en France ont une ouverture de 50 à 70 m de haut sur 80 m de large pour une profondeur d’environ 150 m. On les appelle “Pélagiques” parce qu’ils sont utilisés entre la surface et le fond, à des profondeurs de 50 à 180 m, voire jusqu’à 400-600 m. Certains armateurs écossais utilisent des chaluts dont l’ouverture peut atteindre 200.000 m².

Les chaluts pélagiques sont employés depuis environ 20 ans dans le Golfe de Gascogne pour la pêche à l’anchois, au merlu, au maquereau, au chinchard, au hareng, à la sardine, au bar, à la dorade et au thon. En Méditerranée, ils sont employés essentiellement pour l’anchois et la sardine. Les principaux pays qui utilisent le chalut pélagique sont les Français, les Anglais, Les Hollandais et les Norvégiens.

Un chalutier pélagique travaille en moyenne 220 jours par an, il est en pêche 10 à 12 h par jour, soit environ 2.500 heures par an dont la moitié en traict. Avec une vitesse de 5 km/h, il parcourt 12500 km par an, soit 1 000 km² (ouverture de 80 m de large). Les 160 chaluts pélagiques français ratissent chaque année ainsi 80 000 km² : en 6 ans, ils ont passé au peigne fin une surface équivalente à celle de la France.
Traict : période pendant laquelle le bateau traîne le chalut.


Le Chalut pélagique est-il condamnable ?

Le chalut pélagique est un engin de pêche extrêmement efficace : 16% des bateaux de pêche français sont armés au chalut (Soit 9,6% des bateaux de pêche européens), ils pêchent environ 80% des poissons débarqués dans nos ports.

Il est donc le principal responsable :

  • de la mort de plusieurs milliers de dauphins par an,
  • de la surexploitation des stocks de poissons,
  • de la baisse de la qualité nutritive, gustative et sanitaire des poissons écrasés au fond du chalut pendant plusieurs heures puis congelé pendant plusieurs semaines,
  • de la baisse des cours du poisson (mais les prix augmenteront bientôt lorsque les stocks s’épuiseront),

Le chalut pélagique est un engin de pêche peu sélectif : il capture tout ce qu’il rencontre sur son passage.

Il est donc le principal responsable d’une diminution drastique de la ressource :

  • en rejetant à la mer des dizaines de milliers de tonnes de poissons (taille trop petite pour la vente, espèces non commercialisables, mélanges d’espèces que le pêcheur n’a pas le temps de trier), ; les rejets peuvent représenter jusqu’à 80% d’un trait de chalut,
  • en capturant les juvéniles de nombreuses espèces (affaiblissement du renouvellement des stocks),
  • en pêchant à toutes les profondeurs, il ne laisse plus aucune zone de refuge aux juvéniles ou aux reproducteurs,
  • en capturant de nombreuses espèces protégées, dont plusieurs milliers de dauphins chaque année.

Depuis le développement de la pêche au chalut pélagique dans le Golfe de Gascogne, on retrouve chaque hiver (la saison de pêche au chalut) plusieurs centaines de dauphins échoués sur les côtes du sud-ouest : 80% d’entre eux portent des traces de capture par des engins de pêche et il a été démontré que les dauphins retrouvés sur les côtes ne représentent qu’un faible pourcentage de ceux qui sont tués au large.


Le chalut pélagique est-il réglementaire ?

Le chalut pélagique ne respecte pas la législation française et européenne :

  • En Méditerranée, les chalutiers pélagiques ont des moteurs 3 à 4 fois plus puissants que la limite préconisée par la législation européenne,
  • Les quotas de pêches sont souvent détournés (Règlement européen n° 850/98, arrêté ministériel du 04/11/1970, Directive européenne n°92/ 43 – Natura 2000 du 21/05/1992, principe de précaution : Traité d’ Amsterdam et code de conduite de l’O.N.U., politique commune de pêche n° 3760/92, Loi d’orientation sur la pêche n° 97-1051 du 18/11/1997).
  • Les chalutiers pélagiques travaillent souvent dans la zone des 3 miles, interdite aux arts traînant.

Que représente le lobbying ?

Les subventions favorisent les armateurs de chalutiers pélagiques au détriment des petits métiers. Les subventions européennes sont versées pour :

  • l’acquisition de gros bateaux,
  • le matériel de pêche des gros bateaux (conditionnement, grues, etc.),
  • le maintien d’un prix minimum (les poissons de chalut trop abîmés pour être vendus sont souvent inclus dans cette catégorie),
  • les criées (qui fonctionnent grâce à 80% de poissons de chalut),
  • les mareyeurs (80% de poissons de chalut).

Par l’ensemble de ces subventions, les chalutiers pélagiques coûtent cher aux contribuables.


Quels objectifs ?

En raison de la gravité de la situation, nous demandons :

  • la proposition d’un moratoire sur l’utilisation des chaluts pélagiques en application du principe de précaution,
  • la remise en cause du système de subventions accordées aux utilisateurs de chaluts pélagiques et des engins les plus destructeurs,
  • la conduite d’ une étude scientifique sur l’impacte de ces engins de pêche sur l’ écosystème, les stocks halieutiques et l’emploi (cette étude doit être menée par un organisme privé indépendant).

Lorsque le chalut est remonté avec plusieurs tonnes de poissons et de dauphins, les pêcheurs ne peuvent que rejeter à la mer les prises accidentelles de cétacés puisqu’il s’agit d’espèces protégées. Un dauphin pèse une centaine de kilos. Sa peau lisse et glissante le rend insaisissable. C’est pourquoi on lui attache un filin à la nageoire caudale pour ensuite le soulever à l’aide d’un treuil. Pour le jeter à la mer, on coupe le filin qui le retient ou bien on lui sectionne la caudale pour récupérer le filin. Les dauphins ainsi retrouvés portent presque toujours les traces de leur capture : filin, caudale coupée, les chairs cisaillées par un cordage. Plusieurs milliers de dauphins sont ainsi massacrés chaque année.
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Depuis quelques mois, les armateurs demandent à leurs marins de récupérer le filin sans couper la caudale afin de faire disparaître la preuve d’une capture dans un chalut pélagique. De plus, les carcasses des dauphins sont éventrées afin que les gaz ne fassent pas remonter le corps de l’animal. Il reste cependant des marques de capture impossible à faire disparaître : les dauphins possèdent des blessures autour du rostre et sur le reste du corps qui ont été causées par le combat qu’ils ont menés pour sortir du chalut avant de finir par mourir noyés.
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